22 octobre 2020

22.10.2020 Journal #16 – Se tenir au coeur du Monde

Période étrange. Jusqu’à présent, je me trouvais bien dans ma bulle et ne me sentais pas trop affectée -personnellement- par la situation du CoVid. Jusqu’à ce qu’un incident familial me rappelle que je ne vis pas coupée du monde.

En bonne hypersensible que je suis, je peux vite être submergée par l’actualité (surtout quand elle est anxiogène), les environnements trop agités, émotionnellement chargés. J’essaie de me préserver au maximum car ces énergies-là m’épuisent. Avec le contexte sanitaire actuel, je fais très attention à ce que je laisse entrer dans mon champ de conscience. Je me suis désabonnée d’énormément de comptes sur les réseaux sociaux, qui se sont mis à être en boucle sur le Co-Vid, la gestion politique de la situation, … Je ne suis pas dans le déni du tout. J’ai mon propre avis sur le sujet… mais j’ai atteint un point de saturation face aux critiques, opinions et déclarations en tout sens, en tout genre, … qui me sautaient à la figure dès que j’ouvrais un réseau social.

Alors oui, je me suis mise dans ma bulle, pour me protéger. Tant que je ne me sentais pas touchée personnellement par la situation, je la regardais « de l’extérieur ». Alors, bien sûr que mon quotidien est quand même impacté : port du masque obligatoire à l’extérieur de chez moi, couvre-feu à 21h (j’habite à Toulouse), beaucoup beaucoup moins de contacts physiques, … mais je m’accommode assez bien de ces contraintes.

Le truc, c’est que, quand tu es rattrapée par la réalité, tu te rends compte qu’en fait, ta bulle est une illusion. Qu’on ne peut pas vivre en société, dans une ville qui plus est, et faire comme si tout cela ne nous concernait pas. Parce qu’on peut tou.te.s être touché.e.s.

Ce matin, j’ai vu ma jolie bulle éclater et me projeter dans le monde. Dans la réalité du monde que j’essayais de tenir à distance. (je te rassure, tout de suite, il n’y a rien de grave en soi, juste une situation qui m’a replacée face à la réalité)

Je me suis sentie déstabilisée.
Mon premier réflexe a été de tenter de refuser ce qui se passait. Je ne voulais être mêlée à rien. Puis, j’ai décidé de méditer (toute nouvelle pratique quotidienne !) et mon corps et mon esprit ont relâché la pression. J’ai pleuré en continu pendant les 10 premières minutes.

C’est là que j’ai réalisé que, non, je ne peux pas faire comme si de rien n’était. Non, je ne peux pas me réfugier dans mon univers indéfiniment.

Ma bulle a éclaté.
Les larmes ont coulé.
Et pourtant, paradoxalement, je me sens sereine.
Je sais que je vais devoir trouver de nouvelles façons de vivre dans le monde, en protégeant ma santé mentale, mon énergie et mon hypersensibilité. Je ne sais pas encore comment je vais appréhender cela. Mais je ne peux plus faire l’autruche.

Je pressens déjà que la méditation, le sport (que j’ai enfin repris après 3 mois d’arrêt) et l’art vont jouer un rôle non négligeable dans ce retour à la réalité.

A très vite !
Sofia

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